Méthodes de prédétermination des pluies et crues extrêmes.


Michel Lang (CEMAGREF, Unité de recherche Hydrologie-Hydraulique, Lyon)

L'application des différentes méthodes de prédétermination des pluies et des débits peut conduire à des estimations parfois très différentes du risque hydrologique en un site donné, avec des intervalles de confiance aussi différents. L'occurrence ces dernières années d'une succession d'événements que certaines méthodes statistiques qualifient d'exceptionnels conduit par ailleurs à s'interroger sur leur validité.
Il en résulte pour le non spécialiste une demande forte de clarification, pour connaître les points forts et les lacunes de chaque approche, et voir préciser leur domaine d'application. Il n'est malheureusement pas envisageable de déboucher sur une standardisation complète des méthodes de calcul, comme cela peut exister par exemple pour le génie civil, le domaine d'étude étant trop complexe pour pouvoir être représenté complètement par un seul modèle.
Nous présentons les principales méthodes de prédétermination des pluies et crues extrêmes utilisées en France, réparties en quatre familles basées sur :
1) l'utilisation exclusive de données mesurées sur le site d'étude (théorie des valeurs extrêmes, analyse multi-durées, analyse multifractales) ;
2) la consolidation de l'information spatio-temporelle sur les crues (analyse régionale de pluies ou de débits, intégration de données historiques) ;
3) l'exploitation de données naturalistes sur les crues (hydro-géomorphologie, paléo-hydrologie) ;
4) la connaissance des processus de transformation pluie-débit (modèles probabilistes simplifiés pluie-débit, couplage d'un simulateur d'averses et d'un modèle hydrologique).
Puis nous indiquons les principales phases d'un projet d'inter-comparaison de ces approches, actuellement soumis au programme RiskNat de l'Agence Nationale de la Recherche. Il a pour objectif, à partir de jeux de données de référence (longues séries, jeux régionaux) de préciser quelle méthode utiliser en fonction des données disponibles, des particularités hydrologiques du secteur étudié, et du niveau de précision souhaité (fonction des enjeux concernés par le risque inondation). Il doit permettre de porter un diagnostic sur chaque approche et d'apprécier leur sensibilité d'estimation à la densification de l'information.


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